Fidèle à Chatdunet, J.-P. Herbaut nous propose ce joli poème...
Matin mutin
Ce doux matin calin
Nous donne de l’entrain;
Il combat le train-train
D’un triste quotidien.
Mes doigts se font fusain
Courant le parchemin
De ta peau de vélin
Douce comme satin.
J’esquisse un frêle dessin
De mes exquises mains
Sur tes tout petits seins
Et leur couleur carmin.
L’amour rougit leur teint;
Ils frémissent coquins !
Dardent tétons mutins
Pour notre plus grand bien.
Je glisse entre tes reins
Mon vit marmoréen.
Ton chaud fourreau maintient
L’élan des va-et-vient.
La vigueur de mon frein
Ne connait pas de fin,
Plongeant vers les confins
De ton ventre couffin.
Nos sexes qui font lien,
Le mien devenu tien,
Le tien devenu mien,
Nous embrasent enfin.